L’Abîme entre Performance et Transmutation : Ce que signifie réellement « Habiter son Corps »
- Mycelia Spirit
- il y a 3 jours
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour

On nous vend souvent l’image d’une vie réussie à travers les filtres de la performance, de la productivité et de la possession. Dans le monde du bien-être et des professions thérapeutiques, il est facile de confondre une réussite matérielle avec un alignement intérieur et de la bienveillance.
Récemment, j’ai vécu une expérience humaine d’une violence invisible, mais profonde, avec une professionnelle du corps — une ostéopathe bien établie. Cette histoire m’a mise à terre. Elle m’a obligée à poser des mots sur deux manières radicalement différentes d'exister et de soigner sur cette terre. Deux types d’« incarnations » qui ne parlent tout simplement pas la même langue.
Le mirage de la performance dans le soin
D’un côté, il y a la logique du territoire et du pouvoir matériel, même là où l'on s'attendrait à trouver de la bienveillance. Celle qui consiste à accumuler une clientèle, à verrouiller son réseau, à considérer un groupe d'élèves ou de patients comme « sa » propriété exclusive.
Dans ce monde-là, la douceur n’est parfois qu’une façade professionnelle.
Un ton de voix doux, mielleux, poli, peut être utilisé pour imposer un rapport de force, distribuer les bons points ou écraser l’autre .
Tout a commencé par un échange autour d'un projet de cours de yoga. Face à cette thérapeute, à qui j’avais pourtant généreusement envoyé une dizaine de clients réguliers par pure solidarité, je me suis heurtée à un refus glacial.
Sous un ton mielleux, poli, mais empreint d'une supériorité écrasante, elle a délibérément installé un rapport de force. Puis la sentence est tombée, brute et méprisante : « T'as qu'à bouger ton cul. »
Quand j'ai raccroché, j'ai été totalement anéantie. J'ai pleuré pendant deux heures, submergée par une tristesse immense et un profond dégoût.
Ce n'était pas seulement la violence de ses mots, c'était l'endroit exact où ils venaient frapper.
Pendant longtemps, face à cette arrogance matérialiste, je me suis sentie illégitime.
J’ai cru les voix qui me disaient que je ne valais rien parce que mes projets professionnels ne duraient qu'un temps ou parce que je ne savais pas « racoler ».
Mais il existe une autre forme de travail, invisible pour ceux qui ne jurent que par la réussite extérieure.

Le travail invisible de la transmutation
Le travail invisible de la transmutation
De l'autre côté, il y a le chemin de la reconstruction.
Mon chemin.
Celui d’une femme qui a lutté pendant 15 ans pour s’extirper de l’enfer de l'alcool et du cannabis.
Quinze années de combat quotidien, cellulaire, psychologique et spirituel pour sauver sa peau, sa clarté mentale et son âme.
Quand on sort d’une telle tempête, on ne reconstruit pas son rapport au corps uniquement pour le rentabiliser ou en faire un business florissant. On l'habite par dévotion. On y passe 1h30 chaque matin sur un tapis de yoga depuis 13 ans. On le fait danser pendant des heures, on reçoit et on donne des massages, on le purifie par les chants sacrés et le souffle.
Ce corps n'est pas une machine à faire de l'argent, c'est un temple rescapé.
Alors, quand une ostéopathe installée dans son confort matériel vous lance un méprisant « Oui, moi je suis là pour travailler », l’incompréhension est totale.
Nous ne mettons pas le même poids derrière le mot « travail ».
L’une travaille pour asseoir son pouvoir et verrouiller son territoire ; l’autre travaille sur ses propres structures internes pour maintenir sa lumière en vie.

Protéger son temple
La leçon que je retire de cette claque verbale est essentielle pour tous les hypersensibles et les guérisseurs en devenir : la gentillesse sans frontières est un danger.
Sortir des dépendances rend le cœur immense et poreux. On veut aimer, partager ses projets, envoyer dix clients à une personne par pure générosité, ouvrir ses portes de manière fusionnelle. Mais le monde terrestre exige une structure.
Si nous ne construisons pas un bouclier autour de notre paix chèrement acquise, les profils de pouvoir viendront piller notre énergie ou piétiner nos rêves.
Aujourd'hui, je choisis de ne pas répondre à la violence par la violence.
Je choisis de quitter les cercles qui ne partagent pas mes valeurs.
Ma plus grande victoire n'est pas d'avoir convaincu ces personnes, mais d'être restée droite, lucide et ancrée, sans replonger dans les vieux démons de l'anesthésie pour masquer la douleur.
Le vrai succès ne se mesure pas au nombre de personnes que l'on domine ou que l'on possède.
Il se mesure à la capacité de traverser l'injustice en restant souverain de son cœur, les pieds bien ancrés dans la terre.




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